La bernache, quelle surprise! Elle broute!

A la suite d'un article sur les bernaches brouteuses d'algues paru dans la Dépêche du 22 novembre 2012...

Voici le courrier courtois que nous avons adressé à la rédaction du journal:

Monsieur ,

 La Dépêche du bassin a publié le Jeudi 22 Novembre un article sous le titre  «Disparition des zostères, les Bernaches responsables?»  où il est dit que la régression des herbiers serait due aux Bernaches et que la solution consisterait à en abattre un certain nombre.

Cet article est en contradiction avec toutes les études scientifiques faites jusqu’à présent et en particulier avec la dernière en date intitulée  «Régression des herbiers de zostère dans le bassin d’Arcachon : état des lieux et recherche des causes»

Cette  étude, publiée en 2011,  a été faite à la demande du  Conseil Général et soutenue par le SIBA et le Conseil Régional. Elle a duré plus d’un an et a mobilisé des chercheurs de L’IFREMER, du CNRS et de l’Université de Bordeaux.

 Un des volets de cette étude porte sur la consommation des zostères par les oiseaux herbivores, en particulier par les Bernaches.

Depuis des décennies, des comptages de Bernaches sont effectués tous les ans et depuis 2007 le dénombrement se fait tous les mois selon une procédure rigoureuse. Pour cela , le Bassin a été divisé en secteurs et les observateurs ont constaté que, d’années en  années les mêmes secteurs sont très fréquentés alors que d’autres sont négligés. Les chercheurs ont essayé d’établir un lien entre la fréquentation des secteurs et le régression des herbiers. 

Or, on constate que parmi les secteurs à forte densité de bernaches, certains ont vu les herbiers régresser et d’autres ont conservé des herbiers en bon état. Il existe des secteurs que les bernaches fréquentent très peu et qui pourtant on vu leurs herbiers disparaitre. 

Avec prudence les scientifiques ne tirent pas de conclusions définitives de ces résultats. On est loin des certitudes exposées dans votre article où l’observation de  la consommation des Bernaches sur deux carrés de 50cm de côté conduit  à la conclusion que «ce sont surtout les bernaches qui sont responsables de la disparition des Zostères»

 Des certitudes, les études scientifiques en apportent pourtant : celles découlant de la comparaison de la quantité de zostères consommée  par les oiseaux herbivores ( bernaches, cygnes et canards siffleurs) et de la quantité produite par les herbiers. 

En voici la conclusion

... « il semble maintenant bien établi que la consommation par les oiseaux herbivores, en dépit de l’augmentation récente de leur nombre sur le  Bassin, ne peut en rien expliquer le déclin des herbiers de phanérogames» (p 147 du rapport). 

...« dans le pire des cas, leur consommation pendant l’hivernage serait passée de 4% à 10% du stock de feuilles disponibles pendant cette saison, ce qui constitue à l’évidence un prélèvement mineur»

 Il est normal pour un journal d’être ouvert à toutes les opinions mais nous vous demandons de ne pas privilégier les positions  négationistes face à des résultats scientifiques rigoureusement argumentés et de plus mis à la disposition du public sur le site Internet de l’IFREMER. 

Aussi, nous vous demandons de publier le texte ci-dessus dans son intégralité

Nous vous prions d'agréer, Monsieur, l'expression de nos salutations distinguées,

Monique Joyeux
Agrégée de biologie et de géologie
Pour le bureau collégial d'Ecocitoyens


22 novembre 2011:

Non lieu pour la bernache cravant

Les Bernaches sont régulièrement accusées, par certains, d’être à l’origine de la régression des herbiers de zostères naines. Une fois de plus, les études scientifiques prouvent le contraire. L’IFREMER vient de publier les conclusions de la très large étude impulsée par le Conseil Général et soutenue par le SIBA et le Conseil Régional, étude intitulée «Régression des herbiers de zostère dans le bassin d’Arcachon : état des lieux et recherche des causes»

 Ce travail de recherche comportait plusieurs volets dont l’un concernait « la prédation par l’avifaune». En voici la conclusion:

... « il semble maintenant bien établi que la consommation par les oiseaux herbivores, en dépit de l’augmentation récente de leur nombre sur le  Bassin, ne peut en rien expliquer le déclin des herbiers de phanérogames» (p 147 du rapport)

Certes, l’augmentation de la population hivernante de Bernaches qui a dépassé  50 000 individus à plusieurs reprises depuis 2006, a entrainé une augmentation de la consommation de zostères.Mais il faut raisonner «en termes de proportion -stock consommé/stock disponible et, dans le pire des cas, leur consommation pendant l’hivernage serait passée de 4% à 10% du stock de feuilles disponibles pendant cette saison, ce qui constitue à l’évidence un prélèvement mineur»

 

Quant aux cygnes tuberculés, «leurs prélèvements s’effectuent à un moment de l’année où la biomasse des herbiers est maximale, il représente au maximum 1% du stock des feuilles disponibles. De plus, cette étude a montré que leur prélèvement déjà réduit se répartissait sur l’ensemble des herbiers du bassin. 

Par ailleurs la comparaison des cartes de répartition des oiseaux et de régression des herbiers n’a permis de mettre en évidence aucune adéquation entre les prélèvements des oiseaux et l’évolution des herbiers dans les différents sites.»

Il est intéressant de noter que  cette recherche du CNRS sur la «prédation des zostères par l’avifaune» confirme les résultats obtenus en 2006 par l’équipe de Madame Auby (Réflexion sur l’état des herbiers de zostères naines du Bassin d’Arcachon au printemps 2006)

 

Dans les deux cas le verdict est : non coupables 

 

La population mondiale de Bernaches cravant est estimée actuellement à 200 000 individus contre 300 000 en1992. 100 000 individus environ hivernent sur les côtes françaises dont la moitié sur le Bassin d’Arcachon. L’abondance locale de ces oiseaux, qui ont parcouru 6000 km pour passer l’hiver chez nous, ne doit pas masquer le fait que les effectifs de cette espèce sont faibles à l’échelon mondial (pour comparaison les Colverts se comptent en millions d’individus.) Le statut de protection dont jouit l’espèce depuis1962 avait permis une croissance régulière de sa population, jusqu’en 1992 . Mais depuis, elle a perdu un tiers de ses effectifs, du fait de la dégradation environnementale de ses sites de reproduction et de ses haltes migratoires. Lever le dispositif de protection accélèrerait rapidement ce déclin et mettrait l’espèce en danger.

 M Joyeux

 

 

20 Février 2011

 

 

                                        La bernache des Quinconces vous salue bien


Ça y est! elles sont reparties vers la Sibérie. Seul un couple est resté pour le plus grand plaisir des promeneurs des Quinconces.

Elles sont restées trois mois et ont alimenté les polémiques au sujet de la disparition des zostères. Notez bien que les zostères devraient repousser maintenant qu'elles sont parties...

 

Mise au point de la Ligue de protection des oiseaux et de la SEPANSO

Pour faire suite à l'article de la Dépêche du jeudi 16 Décembre 2010, voici une mise au point sur la participation de la LPO au comptage des bernaches.

suivez le lien:

http://lponordbassin.canalblog.com/archives/2011/01/24/20205050.html

 


Réponse de Monique Joyeux, agrégée de biologie à l'article de La Dépêche du jeudi 16 décembre 2010

 

Danger: Bernaches ?


Je voudrais remercier la Dépêche du bassin pour son article :

52500 bernaches sur le Bassin, est-ce une menace?

En effet cet article apporte une réponse claire à la question posée par le titre et il faut espérer qu’il fera taire les rumeurs qui circulent sur cet oiseau. L’article rapporte les propos Monsieur Bost et Madame Desternes, chercheurs au CNRS « les Bernaches ne détruisent pas le milieu, elles en exploitent le surplus » Quand on connait la prudence des scientifiques dans leurs réponse une telle phrase règle définitivement la question.

L’étude pluridisciplinaire évoquée a pour but d’évaluer l’impact des différents facteurs écologiques sur la croissances des zostères. Il est donc naturel que la consommation par les Bernaches fasse partie de cette étude, sans que l’on imagine immédiatement que ces oiseaux ravagent leur milieu.

D’ailleurs, pourquoi ne parle-ton jamais des effets bénéfiques du broutage : l’arrachage des plants mal racinés laisse la place pour des plantes plus vigoureuses et surtout le recyclage de la matière consommée restitue rapidement au milieu les éléments minéraux indispensables à la croissance des herbiers. N’oublions pas que les Bernaches consomment une grande quantité de feuilles flottantes de zostères. Les feuilles de zostères ont en effet une durée de vie limitée et la pousse vigoureuse des mois d’été se traduit en hiver par une abondance de feuilles flottantes qui s’accumulent sur les plages en formant le varech. Ce varech est stupidement retiré des cycles biologiques par le nettoyage des plages : remercions les Bernaches de sauvegarder un peu du potentiel écologique de ces zostères mortes.

Concernant l’impact écologique des Bernaches, je m’étonne d’ailleurs que ne soit jamais citée l’étude très complète de Madame Auby et de ses collaborateurs . Ce document n’est pas enfoui au fond des bibliothèques scientifiques , il est disponible sur Internethttp://www.ifremer.fr/delar/telechargement/zosteres_2006.pdf

Il ressort de cette étude que, pour une population de 51661 Bernaches (chiffre de l’année 2006) la consommation de zostère correspond à 7,5% de la ressource.

On est loin des images inquiétantes suggérées par le titre et certaines parties de l’article. Pour comprendre l’impact du broutage sur le milieu on a besoin de connaître la consommation de chaque oiseau et le nombre d’oiseau mais on a en plus besoin d’un chiffre que l’on ne donne jamais : la productivité primaire de l’espèce broutée. Cette productivité, nous la connaissons : les herbiers du Bassin produisent chaque jour 2050 tonnes de matière fraiche ( cela au début duPrintemps, en été la production est 3 fois plus forte). C’est cette masse (2050 millions de grammes) qu’il faut comparer aux 400g absorbés par une oie. Un calcul à la portée de tout le monde montre que les Bernaches sont loin de consommer la totalité de la production journalière. Comme le séjour des Bernaches est temporaire, le calcul de l’impact sur une année est plus difficile à faire mais la méthodologie utilisée par l’IFREMER pour aboutir au chiffre de 7,5% cité ci-dessus est clairement expliqué dans l’article sur les zostères téléchargeable sur internet.

J’ajouterai que lorsque Messieurs Veiga et ALcaraz proposent de tuer quelques milliers d’oies chaque année («3000 à 4000 par ans») ils jouent pleinement le rôle qui leur est dévolu par les fédérations de Chasse. La Bernache, pour son malheur et pour celui de ceux qui aiment la voir barboter dans le Bassin, est classée parmi le gibier c’est à dire les

animaux qu’on a le droit de tuer en respectant certaines règles. Si actuellement il est interdit de la tirer, c’est que ses effectifs s’étaient effondrés et qu’ils sont en train de se reconstituer. Nul besoin de faire appel à une nuisance imaginaire pour justifier la réouverture de sa chasse.

Tous les scientifiques sont d’accord, les Bernaches sont loin de mettre en danger leur ressources alimentaires. Le faux procès qu’on leur fait n’a rien voir avec le souci de préserver les herbiers.

Pour ma part j’attends sans impatience les résultats de l’étude pluridisciplinaire.Ils confirmeront que les problèmes écologiques du bassin sont liés à une exploitation irraisonnée de l’espace et des ressources. De toutes façons, personne ne tiendra compte de ces conclusions. A moins qu’un journal n’ait l’audace de titrer: 100 000 habitants en plus sur le Bassin, est-ce une menace ?

Monique Joyeux - Biologiste

 

 

 

Des bernaches et des hommes

La responsabilité de la détérioration des herbiers de zostères du Bassin dʼArcachon est souvent attribuée aux oies Bernaches selon le schéma implicite suivant : la population de Bernaches hivernant sur le Bassin est très importante, les Bernaches se nourrissent de zostères , elles sont donc la cause de la disparition des zostères. Or , dans les documents qui sont à la disposition du public sur Internet , quʼil sʼagisse des publications du CNRS ou de lʼIFREMER, rien ne permet de dire que le mauvais état actuel des herbiers de Zostères doit être imputé aux Bernaches.

Rappelons dʼabord un principe de base de lʼécologie : il existe des systèmes de régulation très efficaces qui interdisent à une espèce de mettre en danger sa source de nourriture. Cela relève de lʼévidence, une espèce herbivore qui détruirait les végétaux dont elle se nourrit se condamnerait automatiquement à mort. Cela nʼempêche pas lʼexistence de variations dans lʼabondance des espèces , ces fluctuations sont généralement dues à des facteurs physiques (facteurs climatiques, qualité des eaux...) qui agissent sur la production primaire et par voie de conséquence sur les espèces qui en dépendent. Dans les milieux naturels complexes, cʼest à dire comportant un grand nombre dʼespèces différentes, les fluctuations sont dʼamplitude modérée, on considère que le milieu est en équilibre.

Les Bernaches du Bassin échappent-elles à ce schéma général? Une étude très complète sur ce sujet a été publiée en juin 2006 par lʼIFREMER (1)

Des études sur la croissance des herbiers ont été faites par lʼIFREMER entre La Teste et Arcachon. Au printemps, chaque gramme de zostère dʼun herbier produit 0,03g de matière végétale nouvelle,et cela chaque jour. En été,la photosynthèse étant plus active, la production passe à 0,08g. Pour un stock de feuilles estimé à 3500 tonnes pour lʼensemble du bassin, la production pour une journée de printemps est de 105 tonnes et, en été, elle atteint 280 tonnes.

Notons que seulement 50% de cette production brute est mise à la disposition des consommateurs, le reste étant utilisé par les plantes pour leur propre activité chimique.

Comparons cette production nette ( 50 à 140 tonnes de matière sèche par jour) et la consommation des Bernaches au cours de leur hivernage. Lʼestimation la plus élevée que lʼon fait en se basant sur les effectifs de 2006* est de 638 tonnes de zostères consommées pendant la totalité du séjour hivernal de ces oies.. A partir des chiffres ci- dessus il est facile de constater quʼil faut moins de 15 jours à lʼherbier pour régénérer, à la belle saison, toute la consommation hivernale des oies.

Même en ajoutant les 199 tonnes consommées par les cygnes et les 8 tonnes absorbées par les canards siffleurs, on constate que la forte productivité des herbiers permettrait de nourrir une avifaune bien plus importante que celle qui y séjourne actuellement.

Cessons donc de véhiculer lʼimage de Bernaches dévastant leurs pâturages et explorons les autres causes possibles du dépérissement des herbiers en gardant à lʼesprit que la surexploitation des ressources naturelles est une spécialité de lʼespèce humaine.

Monique Joyeux, novembre 2010

 


*Rappelons que le nombre de Bernaches pendant lʼhiver 2005-2006 a été exceptionnellement élevé. 73000 individus ont hiverné sur le Bassin contre environ 30000 à 40000 habituellement Documents consultés (disponibles sur Internet) :

(1) Réflexions sur l'état des herbiers de zostères naines du Bassin d'Arcachon au printemps 2006 Document élaboré par : Isabelle AUBY et Gilles TRUT –Ifremer – LER Arcachon Laurent COUZI – LPO Claude FEIGNE – Parc des Landes de Gascogne Jérôme ALLOU - Fédération des Chasseurs de la Gironde Julien STEINMETZ - Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage

Juin 2006

Caractérisation de la qualité biologique des Masses d'Eau Côtières : Cartographie des herbiers de Zostera noltii et Zostera marina du Bassin d'Arcachon

Ifremer DOP LER Laboratoire Environnement Ressources d'Arcachon Sébastien DALLOYAU Gilles TRUT Martin PLUS Isabelle AUBY Laboratoire Environnement Ressources Provence Azur Corse Eric EMERY Juin 2009 - RST /LER/AR/09-003

Fiche de synthèse sur les biocénoses : Les herbiers de zostères marines

Chritian Hily CNRS URM 639

 

Adhérez à l'association ECOCITOYENS DU BASSIN D'ARCACHON

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Commentaires (5)

1. Isabelle AUBY 28/12/2011

Je vous signale que le rapport complet sur la régression des herbiers est disponible sur ARCHIMER http://archimer.ifremer.fr/doc/00054/16507/14018.pdf
Sur cette base, on trouve tous nos rapports, dont ceux sur la reproduction des huîtres.
Cordialement
Isabelle AUBY

2. michel jacquelin 31/12/2010

bonjour
si on s'en tenait seulement au bon sens que nos anciens avaient en tant que paysans.
Ma grand mère disait, à propos de diverses bestioles qui vivaient dans la camapagne, que si elles étaient là c'est qu'elles avaient assez de nourriture.
A l'inverse s'il y a de la nourriture, des animaux en profiteront comme une mane providentielle.
Supposer que les oies déteriorent le bassin serait supposer qu'elles raréfient la nourriture dont elles disposent, et donc d'elle même elles chercheraient pitance en d'autres lieux. Or elles reviennent et toujours en nombre conséquent.

Pointer le doigt sur ce que la nature crée est bien une manière de détourner l'attention sur que l'homme provoque.
Si nous savions rendre seulement le centième de ce que nous prenons a la nature !
Quel animal peut réellement nous remercier de vivre avec lui en toute harmonie ?
Le bassin déborde de bateaux motorisés.
L'infantilisme le plus stupide consiste a accuser ce que nous dérangeons, les oies entre autres.

Je nous souhaite a tous pour cette nouvelle année de donner modèle de l'harmonie que nous souhaitons un jour réaliser pour péréniser la vie sur notre planète.

3. BASSIN D'ARCACHON ECOLOGIE 31/12/2010

BASSIN D’ARCACHON ECOLOGIE

En réponse à l’article
de la Dépêche du Bassin
du 16 au 22 décembre 2010
« 52 500 bernaches, est-ce une menace ? »



Notre association s’étonne de ce que l’article portant sur les évolutions des herbiers à zostères s’intitule « 52 500 bernaches, est-ce une menace ? », alors même qu’il indique que les bernaches ne consomment que le surplus de production du milieu.

Les travaux liés à la Commission Locale d’Information et de Surveillance qualité des eaux du Bassin d’Arcachon, à la mission du Parc Naturel Marin, au suivi du Schéma de Mise en Valeur de la Mer examinent les multiples problématiques relatives à la régression des zostères : il y est largement question de modification des paramètres physico-chimiques de l’eau, de facteurs climatiques, d’augmentation des herbicides, d’impacts des antifoulings. On constate aussi les impacts directs des déplacements de sédiments lors des dragages d’esteys et de ports.
Autant de nombreuses causes d’origine anthropique, que la sur-urbanisation des rives du Bassin ne peut qu’aggraver.

On a aussi vu des herbiers de spartines maritime, une autre espèce de haute valeur écologique et patrimoniale, mystérieusement « brûlés ». Et aucun oiseau n’en est la cause.

D’ailleurs, il est important de ne pas confondre les deux espèces de zostères qui peuplent le Bassin : la zostère marine, profonde, toujours sous l’eau, est celle qui a le plus régressé (73% de 1988 à 2008, nous disent les chercheurs.)
La zostère noltii, ou zostère naine, qui tapisse l’estran est celle à laquelle ont accès les bernaches. Et c’est celle qui régresse le moins (33% de 1989 à nos jours.)

Alors pourquoi fustiger la Bernache cravant, si ce n’est pour vouer cette espèce menacée à être de nouveau chassée et détruite?

On sait qu’au début du 20ème siècle, le Bassin accueillait bien davantage d’anatidés –et bien davantage de zostères aussi.
La Bernache relève d’une longue période d’extrême faiblesse. Elle a, cette année, connu une très faible reproductivité dans la toundra sibérienne. Elle est étroitement dépendante de l’écosystème et des ressources alimentaires qu’il produit.
Il est de la plus haute importance, pour la survie des bernaches, que les vraies causes de régression des herbiers soient découvertes et résolues.

Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage : accuser les bernaches de dégrader l’écosystème dont elles font partie intégrante depuis toujours, serait sans doute le moyen d’en refaire une cible, un gibier.
Mais prélever 10% d’une espèce protégée qui, il y a très peu de temps, était en voie de disparition, qui peut l’être encore, dont le succès reproductif est très aléatoire et dont les ressources alimentaires sont incertaines serait criminel.

En revanche, la rapide réduction des causes anthropiques d’altération de la qualité des eaux sont à notre portée. Et c’est urgent.


Pour Bassin d’Arcachon Ecologie, la présidente, Françoise Branger

4. veillon (site web) 22/12/2010

LE JEU DE L’OIE

Il convient de surveiller nos amies les bernaches,
Qui dévorent nos algues, un sujet qui nous fâche,
Mais il ne faut pas s’étonner, car c’est le jeu de l’oie
Et pourquoi leur en vouloir, elles sont dignes de foie

Mais nos amis chasseurs en régulent le nombre,
Sauvant ainsi des espèces vouées à disparaître
Car tous ces volatiles ne feront plus de l’ombre
Aux herbiers fragiles qu’ils picoraient en traître.

Il y aura certes plus d’envol avec l’aéroport
Et des coques à foison, avec le nouveau port.
Sacrifiés les grands arbres et les chênes tauzins
De même les espaces de la forêt du Coulin

Je ne vais plus ramasser tous ces beaux coquillages
Crabes, bigorneaux, clovis et bien d’autres crustacés,
Car les récolter aujourd’hui ne serait pas très sage,
Dans cette vase fluide où meurent les herbacées.

Il est urgent d’agir, mais sans trop entreprendre,
Surtout sur le Bassin où il faut bien le comprendre
Combien les intérêts de la densité urbaine,
Sont pour les communes une sacrée bonne aubaine.

Mais les mots du poète ont-ils une incidence
Sur ce qui déjà est arrêté, signé, entériné ?
Mes vers sont la plume légère de mes confidences
Et mes espoirs en ce monde vont-ils êtres ruinés ?

François Veillon

5. Marquet William 21/12/2010

Bonjour
J'espère que cette synthèse scientifique , parfaitement limpide,apportera matière à réflexion,aux adeptes de la "régulation des populations de bernaches ".
Que nous apprend l'histoire sur la fréquentation du Bassin par les anatidés ? Ecoutons ce qu'en rapporte l'abbé Baurein en 1784 dans le 3° tome des "Variétés Bordeloises ":
"Je mets cette chasse aux canards au nombre des pêches parce qu'on les prend au filet.
C'est à cette pêche que se prennent aussi les oies sauvages,les hérons ,les canards ,pieds noirs ,pieds rouges ,sarcelles ,biganons ,etc.Ils sont en si grand nombre,qu'ils couvrent une partie du Bassin,lorsqu'ils sont à la nage,et on n'est point surpris qu'un seul particulier en prenne dans une seule nuit la charge de cinq à six chevaux,et souvent davantage "
Mais à cette époque ne se posait pas la question:

LA CHIMIE (Pesticides,hydrocarbures, antifouling,nitrates ,phosphates,polychlorure d'aluminium etc.) EST ELLE UN DANGER POUR LE BASSIN?

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Date de dernière mise à jour : 10/12/2012