Transport maritime

Navettes amphibies janvier 2017

 

On ne parle plus d'allonger la jetée pour attraper le chenal afin que les bateaux de l'UBA puissent venir chercher les passagers pour Arcachon.

On ne parle plus de draguer le chenal, ça coûte beaucoup trop cher et il faudrait le faire tous les ans!

Voilà la solution: les navettes amphibies, comme pour aller du bateau au phare de Cordouan...sauf que là, c'est du sable.

Navette cordouan

 

Et nous, on a un estran avec des repousses d'herbiers de zostères, des coquillages, des chenaux avec des zostères marines et tout un tas de bestioles, des gens qui se baignent ou se promènent, et...DE LA VASE en quantité!Plage port ostre icole

 

Voilà à quoi ressemblerait les navettes amphibies, pour trimbaler 60 personnes, des vélos, il faut un navire conséquent avec des roues de 2m de haut pour aller dans les chenaux envahis par la vase.

Et pour faire quoi? Partir du port du Bétey avec des passagers à bord, les amener à un point où le bateau de l'UBA les récupère, direction Arcachon.  Echange de passagers avec ceux qui viennent faire les magasins à Andernos et direction la jetée . Ensuite direction le port ostréicole pour récupérer d'autres passagers et leur faire voir Andernos depuis le bateau?

NOUS NE SOMMES PAS D'ACCORD, VOICI POURQUOI:Capture d e cran 2017 01 13 a 23 06 42Pou inverse

Il n’est pas sérieux d’analyser l’impact possible d’un projet sur l’écosystème du Bassin d’Arcachon, sans en avoir au préalable mesuré son état initial. Depuis une douzaine d’années, le Bassin interne se dégrade rapidement sous l’action d’une pression anthropique multiple, la dramatique régression des herbiers de zostères (zostera noltii) entrainant l’envasement des chenaux et des ports, et la fin de toute la vie liée à ces plantes, abris, oxygénation de la colonne d’eau, nourricerie pour l’ensemble de la faune, etc...(se référer à l’étude Ifremer Suivi stationnel des herbiers de zostères (Zostera noltei et Zostera marina) et calcul de l’indicateur « angiospermes» de la Masse d'eau côtière FRFC06– Arcachon amont -- Bassin Hydrographique Adour-Garonne - 2006-2014).
Même l’ostréiculture a disparu de la partie interne du Bassin. Aussi il est impératif avant toute décision de bien mesurer les conséquences possibles sur la possibilité de restauration de l’écosystème en ne négligeant pas les effets cumulatifs en chaine dans une lagune semi fermée.

Le projet « Passe Marée » est présenté par un expert en communication, qui tente de transformer tous les impacts négatifs en qualités. Par exemple, affirme t-il, le fait d’augmenter la turbidité en malaxant la vase fluide, devient un moyen d’éviter des dragages couteux, ou le fait d’augmenter les MES (matières en suspension) à marée basse est sans effet, en oubliant sciemment, qu’après la marée basse vient le flot qui épandra les vases sur tout l’estran. (Photo de l’estran devant le port ostréicole: on voit nettement la vase se répandant sur l’estran depuis le chenal)

Nous voulons rappeler que l’estran, n’est pas une masse inerte mais un lieu de vie très riche, par exemple les arénicoles sont non seulement une nourriture primordiale pour nombre d’espèces, mais aussi des organismes « bioturbateurs » qui participent largement à la vie sédimentaire et chimique du milieu. De plus ils représentent certainement la plus importante biomasse du Bassin.

Nous sommes inquiets de savoir :

  • -  si les navettes amphibies passeront sur l’estran, lequel est déjà bien dégradé, et sur les repousses des herbiers de zostères.

  • -  si les navettes passeront sur les plages qui sont très fréquentées par les familles. Il y aurait en particulier sur la plage vers le port ostréicole un grave problème de sécurité.

  • -  où seront parquées les navettes au port du Bétey: même problème de sécurité mais aussi nous craignons une atteinte à l’écosystème, aux espaces boisés classés, à la ZNIEFF, zone naturelle importante pour la faune et la flore, les plages étant des reposoirs pour les migrateurs en septembre-octobre.

  • -  quelle motorisation pour ces navettes? Il était question de moteurs électriques puis de propulsion hybride.

    Nous pensons que les niveaux de vase ont été sous-estimés dans les chenaux, en particulier celui menant à la jetée d’Andernos, lequel est de 1,50m à marée basse.
    Les chenaux, comme la totalité du Bassin d’Arcachon sont classés Natura 2000, ce qui sous-entend qu’ils sont partie intégrante de l’écosystème marin. L’autre espèce de zostère, zostera marina, vit au fond des chenaux. L’effarouchement de l’avifaune est évoqué en comparant un bac ostréiculteur à un engin de 30 tonnes transportant 70 personnes sur des roues de 2m de haut. Y a t-il eu une étude d’impact sur l’écosystème et sur l’hydrologie?

    Le porteur du projet a-t-il sollicité et obtenu toutes les autorisations? Nous savons par exemple que ni le bureau du Parc Naturel Marin ni son Conseil de Gestion n’ont été sollicités et nous pensons que ce projet qui va impacter le Bassin doit leur être soumis. Cela est-il prévu? 

L'étude de la COBAS sur la faisabilité d'un transport en commun maritime date de 2009, prix de 2009, depuis les carburants ont pris 30%

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Il s'agit de créer des lignes de transport par navettes entre Arcachon et Andernos toute l'année, en plus de ce qui existe en saison et toute l'année entre Arcachon et Cap Ferret.

Le trajet entre Andernos et Arcachon par navette: 1H. Par véhicule particulier: 1H.

Nécessité d'allonger la jetée jusqu'au chenal toujours en eau, de créer un débarcadère et une gare, construire de nouveaux bateaux. Il faut aussi prévoir des parkings, des transports en commun routiers au départ de chaque gare maritime.

Que dit l'étude sur la rentabilité, au début de l'exploitation, et en régime établi?

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Voici la note de synthèse de l'étude

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Quels sont les avantages d'avoir une ligne Andernos-Arcachon toute l'année?

- ça permet de délester un peu le trafic routier: 200 scolaires qui ne prennent pas le bus mais le bateau par exemple.

- plus besoin de draguer le chenal, la jetée rallongée à 440m environ permet d'attraper le chenal toujours en eau.

- ça fait fonctionner l'économie locale (mais à quel prix?)

Quels sont les inconvénients?

- Les parkings existants sont très loin du débarcadère: marcher sur 500m et plus par tous les temps.

- On remplace un transport polluant par un autre transport non moins polluant pour les eaux du Bassin.

- On abandonne donc le chenal à son triste sort, l'envasement, et le Nord Bassin à la sédimentation.

- Les gros bateaux passant dans le chenal à marée basse déstabiliseront les berges mises à nu.

- La jetée de 440m est encore un obstacle à l'écoulement de l'eau qui va aggraver les problèmes de courantologie.

Et avec ça, qui va payer les déficits?

 

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Commentaires (7)

1. Aéroglisseurs Services (site web) 27/06/2017

Oubliez l'aéroglisseur "solaire" ! En effet le bilan énergétique est totalement incompatible à ce jour... Le concept "Airflow" repose actuellement sur des données farfelues utilisées par un designer sans compétence "technique" et qui connait encore moins le fonctionnement d'un aéroglisseur... Néanmoins, l'aéroglisseur, avec une motorisation classique moderne reste l'engin qui a le plus faible impact écologique "global"... Un bon projet est un projet qui intègre objectivement TOUS les paramètres... Si l'exploitation d'aéroglisseurs dans le monde n'est pas très importante, il faut reconnaitre que ces engins n'ont pas bénéficié des mêmes moyens de développement que l'aéronautique par exemple... Les premiers aéroglisseurs électriques voient le jour (un full électrique fonctionne en France depuis 5 ans... mais beaucoup d'aspects ADMINISTRATIFS pénalisent considérablement toutes velléités de développement... A bon entendeur, D. Prévostat - gérant.

2. Josiane 04/07/2012

Le nombre de 200 comprend des scolaires qui fréquentent le lycée d'Arcachon et des gens qui vont travailler dans le sud bassin, 400 voyages en comptant l'aller et le retour.

3. Hervé Lagarde 04/07/2012

L'argument de la suppression des bus scolaires ne tient pas ; en effet ceux-ci prennent les enfants à chaque agglomération et resteront nécessaires si on crée un transport sans escale en parallèle. De plus d'où vient ce chiffre de 400 voyages scolaires ? Pourquoi les enfants d'Andernos iraient-ils à l'école à Arcachon ? A-t-on prévu des fermetures de classes voire d'établissements au nord bassin ?

4. Jean-Robert Bos (site web) 03/07/2012

Mes rumeurs ou humeurs :

Il faut lire le dossier du SCOT ou plutot les dossiers de 50 à 300 pages chacun qui ne présente meme pas un PDU (plan de déplacement urbain) à l’échelle de notre territoire sinon pour dire que nous utilisons la voiture et pour des déplacements courts

Quid des besoins et attentes des pietons, cyclistes, usagers actuels et futurs des transports en commun

Par contre des solutions on nous en propose : voies de contournements (aspirateurs de voitures et d’urbanisation), tram-train en site propre, allongement de jetée pour faciliter les transports maritimes …

Il est temps que des changements surviennent sur ce Basin d’Arcachon au niveau des décideurs, de la façon de faire de la politique et surtout de prendre le temps d’écouter et d’entendre nos ecociitoyens pour réduire les inégalités sociales, préserver et enrichir notre (bio)diversité.

Pensons déjà à 2014 !

5. Rene Charraud 29/06/2012

A 440 m du rivage ,lieu futur du débarcadère , il y a bien longtemps, 2 ans peut être 3 que l'eau n'est plus présente à marée basse . Il faudra nécessairement draguer la vase et l'argument favorable disparait. Nous sommes passés en 8 ans d'un site avec une hauteur d'eau de plus d'un metre cinquante à marée ba sse de vives eaux à un site émergeant à marée basse comblé par près de 2 m d'épaisseur d'une vase fluente qui ne tardera pas à glisser et combler le site en cas de dragage C'est tout à fait à l'image de ce que l'on voit au bout de la jetée actuelle

6. marquet william 28/06/2012

Le prolongement de la jetée ne peut se justifier que par le projet d’établir une navigation commerciale à marée basse; c'est à dire au moment ou elle est le plus néfaste pour l'écosystème du Bassin,déjà fortement dégradé.Quelles sont les dégradations les plus évidentes pour la majorité des habitants du Bassin ,à l’exception de quelques personnages sclérosés sur des certitudes d'un passé révolu ; des phénomènes comme l'envasement des chenaux ,la disparition des zostères (varech) , l'augmentation alarmante des HAPs (restes de combustion des hydrocarbures),les efflorescences d’algues vertes et de micro algues toxiques ne sont plus à démontrer .Le seul élément s'opposant à ces nuisances est le renouvellement de l'eau par la marée et le courant ouest/est crée par les vents dominants d'ouest ,il faut savoir que le renouvellement de l'eau sur la côte Nord est de l'ordre de vingt jours ! D'une part les navettes maritimes ,c'est à dire des bateaux relativement lourds ,rapides ,navigant dans des chenaux étroits et peu profonds vont accentuer la destruction des berges et des zostères ,et de plus émettront de fortes quantités de HAPS dans des volumes d'eau restreints,d'autre part la jetée sera un obstacle à la courantologie si utile sur cette partie du bassin.
Des travaux de cette importance ,avec les conséquences induites pour le Bassin nécessitent une concertation ,large et qualifiée et non des décisions prises par des "décideurs" complétement incompétents dans ce domaine maritime très complexe

7. Holik clarisse (site web) 28/06/2012

Si les chiffres sont justes, il y aurait 866 voyages par jour ( 2/3 de 1300) entre Andernos et Arcachon. C'est à dire 433 personnes.
si nous suivons l'étude

il y a un déficit de 350 000 euros la première année pour les trafics hors saison
c'est à dire que sans compter l'amortissement du coût des infrastructures,sun voyage (un aller-retour) quotidien revient à 708,31 euros. (350 000 : 433 = 708,31 euro hors saison. En saison le déficit est de 600 000 euros. Il y aura des compensations tarifaires dit l'étude. Mais ne viennent-elles pas aussi de nos impôts ?
L'étude ne précise pas si les 400 voyages scolaires concernent uniquement les voyages Andernos Arcachon ou s'ils sont compris dans les 1300 voyages concernant l'ensemble du bassin.
L'étude ne fait pas de distinction entre l'hiver et l'été.
Quels parents confieront leur enfant à un seul batelier (quelles que soient les qualités de ce dernier) l'hiver alors que le bateau fera le voyage de nuit le matin et de nuit le soir ?

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Date de dernière mise à jour : 25/08/2017